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Jackie Chan, de son nom de naissance Chan Kwong-Sang, est né le 7 avril 1954 à Hong Kong d'un père chef-cuisinier et d'une mère femme de ménage. Ses parents sont originaires de Shandong, et travaillent tous les deux au Consulat français de Hong Kong. La famille étant très pauvre, les parents du nouveau-né tentent de le vendre au docteur qui l'a mis au monde pour la somme de 1500 HK$. Celui-ci refuse, puis les parents changent d'avis (heureusement...).
Les parents de Jackie, qui a alors 6 ans, trouvent du travail en Australie à l'Ambassade des Etats-Unis et décident d'y émigrer. Mais ils veulent que Jackie ait une éducation chinoise, c'est pourquoi ils le laissent à Hong Kong où ils le font entrer en 1961 dans une école d'Opéra de Pékin, "l'Institut de Recherche sur l'Opéra Chinois" de Maître Yu Shan Yuan.
C'est là que Jackie Chan apprit ce qui allait lui permettre de devenir une star, c'est-à-dire les arts martiaux, notamment le kung fu, et aussi la danse, le chant et bien sûr le théâtre : c'est l'enseignement classique de l'Opéra de Pékin.
En 1971, après 10 ans d'Institut, Jackie obtint son diplôme. Malheureusement, l'Opéra Chinois ne marche pas très bien en ce temps-là, c'est plutôt l'Opéra Cantonais qui est populaire à Hong Kong. Jackie décide alors de rejoindre ses parents en Australie, mais ne faisant que des petits boulots, il retourne à Hong Kong pour changer de carrière. Là il se renomme Chan Yuen-Long, et entâme une course au cachet en tant que cascadeur avec ses deux comparses Samo et Yuen. Ils accumulent les castings, devant continuellement se surpasser pour convaincre les instructeurs martiaux de les embaucher. Jackie est remarqué par la mythique Shaw Brothers qui l'engage comme cascadeur pour 75 francs par jour. C'est l'époque de Bruce Lee qui est au sommet de son art et du succès. Jackie va d'ailleurs participer à deux de ses films en tant que cascadeur, La Fureur De Vaincre (Fist of Fury) en 1971 et Opération Dragon (Enter The Dragon) en 1973. Ce n'est qu'en 1973 que Jackie signe sa première collaboration comme instructeur d'arts martiaux (ou chorégraphe de combats) avec "The Heroine" dans lequel il joue aussi. En 1976, il tourne comme acteur et cascadeur dans Hand of Death avec John Woo, le célèbre réalisateur, inconnu à l'époque. Ensuite, Jackie est appelé par le producteur/réalisateur Lo Wei, l'un des deux grands réalisateurs de Bruce Lee (l'autre étant Robert Clouse) qui voit en Jackie un successeur de Bruce, malheureusement décédé trop tôt en 1973. Jackie est d'abord engagé pour "La Nouvelle Fureur De Vaincre" (The New Fist Of Fury) .
Jackie ne réussit pas à faire oublier Bruce Lee. Au contraire on le discrédite : pour tout le monde il n'est qu'un sous-Bruce Lee, au même titre que les Bruce Le, Bruce Li ou Bruce Leung de pacotille. La rencontre avec Lo Wei sera bénéfique dans le sens où c'est Lo Wei qui le surnommera Sing Lung (devenir un dragon) en comparaison avec Bruce Lee Siu Lung (le petit dragon) et lui donnera son nom anglais que tout le monde connaît aujourd'hui, Jackie Chan. A noter qu'à cette époque on l'appelait Jacky.
Mais Jackie ne veut être le successeur de personne, et ne désire pas ressembler à Bruce : "J'aime beaucoup Bruce Lee", dit-il, "mais je ne veux pas rester dans son ombre toute ma vie. Il n'y a qu'un seul et unique Bruce Lee, le Maître." Il veut s'imposer par lui-même, sans copier quiconque. Pour cela il lui faut révolutionner un genre en perte de vitesse. Et puis il nous livre qu'il n'a subi que très peu l'influence de son défunt aîné : "Charlie Chaplin, Buster Keaton m'ont davantage inspiré. Et aussi Jean-Paul Belmondo. De nombreux comédiens américains utilisent des doublures pour les cascades, pas lui. Par contre, je ne pouvais pas me référer à Alain Delon. Il est beau, pas moi."
Le premier succès de Jackie arrive en 1978. Seasonal Film propose à Jackie, toujours sous contrat avec la Compagnie de Lo Wei, un projet de film réalisé par Yuen Woo-Ping. On donne enfin sa chance à ce jeune acteur qui n'a plus les faveurs des autres réalisateurs et producteurs après ses échecs avec Lo Wei. Un pari fou pour Yuen, mais quelle réussite ce "Chinois se déchaîne" (Snake in Eagle's Shadow) ! Jackie : "Pendant longtemps, j'ai travaillé très dur sans succès. Mais les gens de l'industrie m'ont remarqué. Lorsqu'ils sont tombés sur ce script, ils ont immédiatement pensé à moi et m'ont engagé. Je devais avoir 23 ans. Le réalisateur était un de mes bons amis. Il savait que ce que je faisais correspondait à ce qu'il cherchait. On est tombés d'accord pour arrêter définitivement de singer Bruce Lee. En rajoutant de la comédie à l'action, le résultat a été marquant, pas tant en terme de succès qu'en terme de différence."
Tout le monde est bluffé, le potentiel de Jackie est enfin révélé au grand jour. Il n'est plus un sous-Bruce Lee, mais un vrai acteur bourré de talent qui impose son style. La même équipe (Yuen et Chan) repart sur un nouveau projet en 1979. A la sortie du Maître Chinois (Drunken Master), c'est la consécration ! Pour la première fois un film de kung fu traite les relations maître-élève sous un angle humoristique. Résultat : Jackie explose le box-office ! Drunken Master devient un film-culte qui propulse Jackie au rang de star dans toute l'Asie. Jackie : "Gros succès partout. Après, tout le monde nous a copiés : Drunken Sister, drunken quelque chose... Avec la célébrité, j'ai obtenu plus de contrôle sur les films. Je suis passé à la réalisation, j'ai chorégraphié moi-même les séquences d'action. Et j'ai eu de plus en plus de succès."
Les fans adorent son humour bon enfant et deviennent fous devant ses époustouflantes cascades qu'il effectue lui-même, sans doublure ni effets spéciaux ! Toujours en 1979, Jackie passe pour la première fois derrière la caméra en réalisant La Hyène Intrépide (The Fearless Hyena), produit par Lo Wei. Un beau succès pour une première réalisation. A la suite de ce film Jackie Chan échappe à Lo Wei, c'est la Golden Harvest qui le prend sous contrat (jusqu'à aujourd'hui encore !).
Avec les cascades dangereuses et spectaculaires, Jackie découvre un filon qu'il va exploiter et qui fera de lui ce qu'il est aujourd'hui, le Roi de la Cascade ! "J'invente toutes mes cascades. Je les imagine pour me mettre à l'épreuve ; je veux voir ce dont je suis capable." Et en 1980, dans "La Danse Du Lion" (The Young Master), qu'il réalise aussi, Jackie se pousse réellement dans ses derniers retranchements ! En effet : "Dans The Young Master, j'escalade les murs d'une ruelle, les mains sur une paroi, les pieds sur une autre. La séquence a été filmée en une seule prise. Pas de chiqué : lorsque je suis arrivé au sommet, je ne pouvais plus regarder en bas. J'avais des crampes d'estomac. Dès que le plan s'est achevé, j'ai hurlé que l'on m'apporte un matelas." Il faut le voir pour le croire, une scène mémorable !
Fort de ses succès en Asie, Jackie se lance alors pour la première fois sur le marché américain avec Le Chinois (The Big Brawl) en 1980 et L'Equipée Du Cannonball (Cannonball Run) en 1981. Des échecs cuisants pour notre homme, superstar en Asie mais inconnu en Amérique.
Jackie est solide. Il encaisse ses échecs cuisants aux USA et retourne à Hong Kong sans se décourager, décidant de se concentrer uniquement sur le marché asiatique. En 1982, il réalise "Dragon Lord", mais le film ne rencontre pas le succès attendu. Par contre l'année suivante Jackie retrouve son public et explose le box-office dans l'excellent "Marin Des Mers De Chine" (Project A) . Mais le plus important pour Jackie c'est qu'il réussit enfin à imposer son style aux USA grâce à "Rush Hour". Au départ c'est un film sans prétentions, s'il ne marche pas Jackie cesse définitivement sa percée américaine. Jackie : "Je l'ai accepté à cause de l'argument : un flic de Hong Kong arrive aux Etats-Unis. De cette façon, je peux parler anglais à la façon de Jackie Chan. Le réalisateur connaissait bien mes films. Chris Tucker assurait le comique verbal. Moi, je m'occupais du comique visuel. Je lui ai appris à se battre. Il m'a appris à chanter et à danser : ça a marché. J'ai le sentiment d'avoir fait le bon choix." Les résultats sont tels que Rush Hour impose définitivement Jackie aux USA. Aux côtés de Chris Tucker (le 5ème Elément, Argent Comptant), Jackie a fait un malheur : le week-end de sa sortie le film a fait 31 millions de dollars de recette, du jamais vu ! Et il a fini son exploitation en salle avec plus de 140 millions de dollars de recette. Les USA sont totalement séduits. En France aussi le public a répondu présent !
D'après Le Monde de Jackie Chan
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